La réponse courte. La capacité d’emprunt se calcule à partir de ratios appliqués au revenu brut, à un taux admissible plus élevé que le taux contractuel. Dans l’exemple détaillé ci-dessous — revenu de 95 000 $, aucune autre dette — le montant admissible s’établit à environ 384 890 $.
Ce montant répond à une question de qualification. Il ne dit pas quel paiement convient à votre budget sur vingt-cinq ans. La suite explique la différence.
La question, telle qu’elle arrive
C’est presque toujours la première. Avant de parler de taux ou de quartier : combien puis-je emprunter ?
Le chiffre existe et se calcule rapidement. Ce qu’il mesure mérite d’être compris.
La vraie question derrière celle-ci
Le montant admissible résulte d’un calcul de qualification. Il indique jusqu’où un prêteur accepte de s’engager selon ses critères et le cadre réglementaire applicable.
Ce n’est pas la même question que : quel paiement puis-je porter confortablement, et qu’arrivera-t-il à l’échéance de mon terme ?
Le calcul porte sur un instantané. L’engagement, lui, s’étale sur des années.
La mécanique réelle
Les deux ratios
L’ABD — amortissement brut de la dette — regroupe le paiement hypothécaire, les taxes municipales et scolaires, une estimation de chauffage, et une portion des frais de copropriété le cas échéant. Plafond usuel de 39 %.
L’ATD — amortissement total de la dette — y ajoute vos autres obligations. Plafond usuel de 44 %.
Les deux s’appliquent simultanément; c’est le plus contraignant qui détermine le résultat.
Le calcul s’effectue au taux admissible : le plus élevé entre le taux contractuel majoré de 2 % et 5,25 %.
Un exemple chiffré
Illustration seulement. Hypothèses : revenu de ménage de 95 000 $, aucune autre dette, taxes de 3 500 $ par année, chauffage estimé à 100 $ par mois, amortissement de 25 ans, ratio ABD de 39 %, taux contractuel de 5 %, taux admissible de 7 %, capitalisation semestrielle.
| Enveloppe ABD (39 %) | 3 087 $ / mois |
| Moins taxes et chauffage | − 392 $ |
| Disponible pour capital et intérêts | 2 696 $ |
| Montant admissible | 384 890 $ |
| Paiement au taux contractuel de 5 % | 2 238,54 $ / mois |
Ce que le calcul ne prend pas en compte
Les frais de garde, les cotisations d’épargne, les dépenses courantes, l’état de la toiture de la propriété visée : ces dépenses ne sont généralement pas intégrées directement aux ratios standards ABD et ATD, même si elles demeurent importantes dans l’établissement d’un budget réaliste.
Et l’échéance du terme :
| Paiement mensuel | |
|---|---|
| Au taux contractuel de 5 % | 2 238,54 $ |
| Solde après 5 ans | 340 657 $ |
| Renouvellement hypothétique à 7 % sur 20 ans | 2 620,71 $ |
| Écart | + 382 $ / mois |
Scénario illustratif. Nul ne peut prévoir les taux applicables à une échéance future.
Pourquoi les montants varient d’un prêteur à l’autre
Chaque institution applique ses propres politiques de qualification à l’intérieur du cadre réglementaire. Les écarts se cumulent.
Un exemple de politique. Certains prêteurs tiennent compte de la limite d’une marge de crédit plutôt que du solde utilisé.
Sur le dossier ci-dessus, avec une marge de 25 000 $ à solde nul :
| Traitement | Montant admissible | Ratio contraignant |
|---|---|---|
| Sans prise en compte de la marge | 384 890 $ | ABD |
| Avec prise en compte à 3 % de la limite | 334 325 $ | ATD |
Il s’agit d’un exemple de politique de qualification, non d’une règle générale. Toute modification de vos facilités de crédit devrait être évaluée avec le courtier hypothécaire qui analyse votre dossier, en fonction de votre dossier complet, et non appliquée par réflexe.
D’autres éléments varient également : la période de référence retenue pour les revenus de bonis ou de commission, le traitement d’un prêt en fin de bail, l’estimation du chauffage, et le calcul des revenus locatifs.
Ce que ça change selon les situations
Deux revenus salariés stables, sans dettes. L’écart entre le montant admissible et le montant confortable est généralement plus mince.
Un revenu variable dans le ménage. Pour un revenu variable, le prêteur peut notamment retenir une moyenne ou appliquer une autre méthode selon la nature du revenu, sa stabilité et ses politiques de qualification. Le budget mensuel, lui, demeure exposé aux fluctuations réelles.
Un changement familial prévu. Congé parental, frais de garde, réduction temporaire de revenu — ces éléments n’apparaissent pas dans les ratios, mais ils apparaîtront dans le budget.
Les questions à se poser ensuite
- 1À quel paiement mensuel est-ce que je commence à réduire des dépenses auxquelles je tiens ?
- 2Si mon paiement augmentait sensiblement au prochain renouvellement, quelle marge me resterait-il ?
- 3Lequel de mes revenus est le plus variable, et que devient le calcul sans lui ?
- 4Est-ce que je cherche mon plafond de qualification, ou le montant qui me convient ? Ce sont deux démarches différentes.
Ce contenu est fourni à titre informatif et présente des exemples généraux. Les critères d’admissibilité, méthodes de qualification, taux, frais, politiques des prêteurs et programmes applicables peuvent varier et être modifiés sans préavis. Les résultats illustrés reposent sur les hypothèses indiquées et ne constituent ni une garantie de financement ni un conseil personnalisé. Une analyse complète de votre situation et de vos objectifs est nécessaire avant de retenir une stratégie hypothécaire.
Sources et documents consultés
- Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) — taux admissible minimal
- Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) — ratios de qualification
Francis Marois, Courtier hypothécaire
Planiprêt Cabinet en Courtage Hypothécaire
Équipe Francis Marois
Certificat de l’Autorité des marchés financiers n° 2001096831
Dernière mise à jour des données : 22 août 2026.
